Paris-Brest-Paris 2007: La Kermesse du vélo
En pilotant le tandem de Brest à Paris
Et quand il faisait beau, il pleuvait...
Après avoir atteint Brest en 41 heures et 30 minutes, il reste 48 heures et 30 minutes pour revenir à Paris. Avec la fatigue, en dormant au moins 3 heures, sans assistance et avec un tandem de randonnée, va-t-il être possible de revenir à Paris sans être hors délai... Réponse dans cette page, photos à l'appui...
Mercredi 22 Août 2007: 15h00: Tout savoir sur Brest
Souvenirs du contrôle de Brest en images... Des beaux maillots et des vélos très spéciaux...
Mercredi 22 Août 2007: 15h30: Le début du retour...
A Brest, la route continue de s'élever après le contrôle. On arrive à un feu tricolore. On s'arrête. Une cyclote nous double et grille le feu rouge. Dans la prochaine descente, en ville, je prends le milieu de la route pour échapper à toutes ces portières qui pourraient s'ouvrir... Plus loin, voici Guipavas. Nous avons rejoint le vélo rameur solo, Bartel Lamers (7381), et je tente d'utiliser mon ultime chance pour le prendre en photo en roulant. Le soleil est derrière nous, il montre bien son geste et je pense honnêtement que des photos en rafale seraient les bienvenues... Isabelle refuse. Elle n'a pas tort car la circulation est dense. Plus loin, un compromis est trouvé: on le double, on s'arrête et on le prend en photo pendant qu'Isabelle utilise cet arrêt pour faire je ne sais quoi. Images du vélo rameur solo en Bretagne, d'une américaine, Pamela Wright (4839), qui a profité de cette occasion pour être prise en photo. Comment se fait-il que vous n'ayez pas été là pour figurer à côté d'eux?
Nous nous souviendrons de la traversée de Landerneau... Le centre ville était encombré par un camping car (italien?) et nous avons été serré à l'un des feux rouge... Finalement, nous sommes repartis gentiment, derrière une cyclote de la Colombie Britannique: Karen Smith (4350) que je n'ai pas pu prendre en photo... Dommage... Après les côtes de la sortie de Landerneau, nous avons rejoint la route commune qui nous mène à Sizun...
Mercredi 22 Août 2007: 17h20: Sizun 692km
Élévation depuis Brest: 346 mètres. Élévation cumulée: 5011 mètres
Sizun, véritable plaque tournante du Paris-Brest-Paris. Depuis Brest, nous avons parcouru une petite quarantaine de kilomètres, il nous faut manger un peu ici. On arrête le tandem devant l'église, je file à la boulangerie et Isabelle va visiter l'épicerie. Elle met du temps à revenir, elle a discuté avec un américain dans la supérette et je lui ai ramené un sablé fourré aux pruneaux que j'ai trouvé à la boulangerie. Préférant les goûts salés, elle renonce à ce biscuit sablé et découvre le plaisir de mélanger de l'eau gazeuse avec de l'eau claire dans la gourde. Je doute de l'efficacité de ce mélange qui n'a pas été essayé et enduré pendant les brevets. Il ne faut pas innover ici mais répéter des habitudes que l'on connait. Un peu de tolérance, pensais-je sans rien lui dire et préférant plutôt me régaler des deux sablés aux pruneaux. Pendant ce temps, un peu de tourisme à Sizun, rencontre avec les anciens copains du VCMB. La distance qui nous sépare nous fait oublier nos visages... Rencontre avec Claudine Auzet et sa faluche sur la tête que j'ai déjà eu le plaisir de rencontrer pendant la cyclomontagnarde d'Annecy en 2006... Rencontre éphémère avec Paul Gardie de Gap et avec le charmant couple de ce matin... Détails en photos, sous le soleil de la Bretagne...
Mercredi 22 Août 2007: 17h58: Une nouvelle ascension du Roc Trévezel
L'un derrière l'autre, sans forcer comme d'habitude, nous voici repartis pour la dernière ascension de la journée du Roc Trévezel. Ces montées pas trop raides, régulières nous sont familières. On prend notre temps, on salue les spectateurs qui nous encouragent, mais inévitablement, la lumière du jour diminue, la nuit arrive et les voiles nuageux aussi... Nous finissons cette montée avec un autrichien qui parle anglais... Il porte le même cuissard que le notre, Isabelle discute avec lui...
Mercredi 22 Août 2007: 18h40: Tout savoir sur le Roc Trévezel
Dans les montées, inutile de préciser que nous n'allons pas vite. Dans les derniers hectomètres du Roc Trévezel, j'utilise mon cinquième ticket pour prendre une photo en roulant... Devinant au loin des spectateurs qui nous regardent, j'agite en l'air mon bras, avec l'appareil photo afin de capter leur attention...C'est chose faite, je les entends dire...
-Il a besoin de quelque chose, lui! Il veut de l'eau, sort une bouteille d'eau...
Mais non, nous n'avons besoin de rien. Nous arrivons à leur hauteur avec l'appareil photo, nos sourires en appellent d'autres... Résultat en photo... Nous retrouvons Jon Muellner de Seattle avec qui Isabelle a discuté à la superette de Sizun... Jon est étonné qu'on connaisse Max depuis 8 ans, depuis que nous pratiquons le tandem. Il utilise un vélo authentique en acier avec de beaux garde-boue et une belle sacoche avant. Il pratique aussi le ski de fond et aime bien l'ambiance du Paris-Brest-Paris... La discussion va bon train...
Mercredi 22 Août 2007: 18h55: Dans la descente du Roc Trévezel
Je distingue, sur l'horizon, une grosse barre nuageuse, certainement au dessus de Carhaix. Pour l'instant, la route est sèche, une bonne occasion de laisser filer le tandem dans la descente. Jon est prévenu, ça va filer, il va essayer de prendre nos roues. Un virage approche, c'est le début de la descente, je prends le milieu de la route, je passe le grand plateau de 53 dents, je charge derrière avec le 17 dents, puis le 15 dents, et je tiens le bas du guidon, c'est parti, ça file... Je me baisse le plus possible en regardant au loin... Sensation de vitesse dans la descente du Roc Trévezel et tentative de prendre le plus possible d'élan pour avaler la prochaine bosse... Elle arrive, le tandem ralenti, je repasse le plateau intermédiaire de 40 dents, puis je décharge derrière... Le 26 dents devant sera superflu, on termine en appuyant modérément et je regarde notre vitesse maximale depuis le Roc Trévezel: 60,7km/h... Vraiment pas extra, quand je pense aux vélos solos qui descendent les cols à 80km/h, ceci dit nos pneus larges de 700x28 accrochent bien à la route, gage de confort par rapport à la performance... Plus loin, au carrefour à la Feuillée, Pierre-André est là. On s'arrête, Jon est le bienvenu, ravit d'avoir été aussi vite dans la descente: I love that!. Souvenir du pain aux raisins de Pierre-André et plus loin d'une pause technique pour finalement ne pas saluer Drew Buck qui dort...
Drew a raison de profiter de l'herbe sèche pour dormir... Plus loin, nous sommes rejoints par Gérard Batoux alors que nous mettions nos vestes Goretex: Les premières gouttes arrivent... Avec Jon et Gérard, nous arrivons trempés à Carhaix...
Mercredi 22 Août 2007: 20h35: Carhaix 741km
Élévation depuis Brest: 852 mètres. Élévation cumulée: 5517 mètres
L'arrivée des nuages a précipité l'arrivée de la nuit à Carhaix. Il fait presque nuit à 20h35 quand nous retrouvons mes parents qui nous attendent avec un repas froid: Crudités, pâtes en salade à la tomate et à l'ail, escalope de dinde au curry, fromage et flan au cassis. On se régale rapidement en ayant pris la place d'un cyclo de Bayonne qui espère boucler son huitième PBP et qui repart. L'idée de dîner dehors, que j'ai eu, n'est pas la meilleure. Isabelle grelotte. Je vais chercher deux grands bols de café et nous retrouvons mes parents en train de discuter avec Robert Isoard de Gap... Il est reparti avant nous, on a quand même essayé de le suivre, mais en vain... Souvenir de Carhaix en images, avant la tombée de la nuit...
Il fait quasiment nuit quand nous repartons de Carhaix. A Plounevez Quintin, c'est la nuit noire quand on retrouve la route principale qui va nous mener à Corlay... Mais encore 17 kilomètres... En 2003, j'avais eu très froid sur cette portion, mais cette année, grâce aux nuages, la température est finalement agréable avec ses 11 degrés quasiment constants... Dans la nuit, un vélo est arrêté sur la droite. Il trifouille sa chaine éclairé par sa frontale. On reconnait Yann, Isabelle me conseille de m'arrêter, ce que je fais... Tiens, c'est bizarre, dérogation de s'arrêter pour Yann, alors que ce n'est pas une fille et encore moins un tandem! Je vais voir ce qui se passe. Quand Yann pédale en arrière, la chaîne déraille. Je vérifie la fourchette, les états des câbles, la tension du câble arrière, tout semble bien aller. Pas le temps d'investiguer plus ici, on repart. Il nous dit qu'il va reprendre la route...
Nous remarquons un vélo solo portant un maillot de la Balme de Sillingy avec une randonneuse Cattin verte. A tout les coups, nous avons à faire à un voisin. Nous apprendrons plus tard que nous venons de rencontrer Pascal Courvalin (2450), membre de la confrérie des cent cols...
Mercredi 22 Août 2007: 23h50: Corlay 786km
On arrive à Corlay juste avant minuit. Sur la droite, un bistrot est ouvert. On s'arrête pour une nouvelle pause où des cafés seront les bienvenus avant les trente trois kilomètres difficiles juqu'à Loudéac... Corlay, c'est l'occasion de couper en deux l'étape de Carhaix à Loudéac...
Dans le bistrot, nous ne sommes pas les seuls. Les anglais du club de Willesden sont là. Une cyclote s'est endormie sur une table, j'ai réveillé son compagnon en les prenant en photo... Les toilettes sont en haut, on y va, en essayant de ne pas déranger ceux qui dorment devant la porte des toilettes. Je me débarbouille là haut avec de l'eau froide et du savon de marseille. Les deux cafés sont avalés, nous repartons 30 minutes plus tard... Souvenirs embués d'un appareil photo passé du froid au chaud et souvenir du bistrot (en plein jour) où nous sommes arrêtés...
Il pleut quand nous repartons. Nos selles ne sont pas trop trempées, heureusement, j'ai encore pris soin de les recouvrir avec des sacs plastiques dans lesquels on enveloppe normalement les salades! La route s'élève et file à gauche vers le Bodéo... La signalisation horizontale disparait, et les lumières de la ville aussi... Nous voici derrière un groupe d'une dizaine de cyclos qui peinent dans les montées... Même notre tandem arrive à les dépasser et on risque de s'endormir en essayant de rester derrière eux... C'est néanmoins tentant car ils nous ouvrent la route...
Nous sommes doublés par deux vélos qui ne semblent pas faire partis du groupe. J'essaye de les suivre. Leurs numéros (68xx) me laissent penser que ce sont deux 84h étrangers alors que les autres étaient des 90h. Je les suis. Ils roulent fort, l'un derrière l'autre et avec nos trois phares, on va arriver à s'ouvrir la route et à rouler ensemble! L'exercice est périlleux car on roule toujours seuls mais c'est quand même bien tentant de suivre ces deux locomotives. Le premier passe les bosses en force en se mettant en danseuse, le poursuivant restant assis en moulinant bien... Les kilomètres défilent, nous voici trois et avec leur aide, on remonte d'autres vélos solo... Avant Saint Martin des Près, à la ville es coquens, sur la gauche, je reconnais l'entrée de la ferme où je m'étais assoupi en 2003. Cette même place est occupée par Bartel Lamers que je reconnais grâce à son vélo rameur solo. Pas question de s'arrêter, les roues qu'on suit sont trop précieuses...
Avant Grâce Uzel, nous allons les perdre. Nous avons commis l'erreur de certainement vouloir discuter avec eux, en vain, car ils doivent être Danois et leur anglais est très difficile à comprendre...
Grace Uzel, le temps d'une pause technique avant de passer encore une côte et d'arriver à Trévé. Les lumières de Loudéac nous garantissent un repos bien mérité...
Jeudi 23 Août 2007: 02h10: Dénivelée et graphe de Brest à Loudéac
Jeudi 23 Août 2007: 02h20: Loudéac 819km
Élévation depuis Brest: 1548 mètres. Élévation cumulée: 6213 mètres
Nous avons bien roulé depuis Corlay. Voici le contrôle de Loudéac avec ses barrières. Devant le contrôle, je regarde le stand du mécanicien et une dame me regarde. Je la remarque mais mon regard file ailleurs. Après, je me rends compte que cette dame est Annick Chapron, retour en arrière, j'ai plaisir à saluer cette amie diagonaliste, ancienne championne de France cycliste en juillet 1971 à Jeumont... Pointage rapide à Loudéac en photos...
Jeudi 23 Août 2007: 02h35: Repos à Loudéac
Après avoir contrôlé, trois heures de repos nous attendent. Nous retrouvons ici le tandem de Katie Olson et de Robbins Peek. Il est trempé, comme le notre! Le réveil sera moins difficile que la veille. Nous repartons vers 6h00...
Jeudi 23 Août 2007: 09h05: Illifaut 857km Contrôle secret
Élévation depuis Loudéac: 280 mètres. Élévation cumulée: 6493 mètres
L'étape de Tinténiac à Loudéac est l'une des plus longue de la randonnée, que ce soit à l'aller et ou retour. Ce matin, il pleut encore, mais nos pieds ne sont pas encore mouillés. On s'habitue à la pluie et on finit par ne pas remarquer la fin des averses... Comme en 2003, le contrôle secret a lieu à Illifaut... Ici, une soupe est proposée aux participants... Et quelle délicieuse soupe! Interrogé sur cette soupe, un bénévole n'a pas hésité à nous dire que tout le monde s'y était mis pour éplucher les pommes de terre... Bravo à ces bénévoles anonymes... Détails de ce contrôle et de notre alimentation en images...
Jeudi 23 Août 2007: 10h20: Sur la route
Nous repartons sans la pluie, à moins qu'il n'ait plû, ma mémoire me fait peut-être défaut. Pour éviter d'avoir de la buée sur mes lunettes blanches, je les retire sous la pluie et je les remets quand il ne pleut plus. Sous la pluie, les poussières sont moins nombreuses et elle reviennent avec la fin de l'averse. Alors, vivement la pluie?
Qu'il ait plû ou non, la montée de Bécherel nous laissera un souvenir, celui d'une montée qui ne nous avait pas semblé aussi longue quand on l'a descendue à l'aller... Avant Bécherel, nous voici sur la route, certainement en train de répondre avec nos sourires aux encouragements de Matisse... Merci encore Antoinette, nous repasserons te voir au moins une troisième fois...
Jeudi 23 Août 2007: 11h50: Tinténiac 906km
Élévation depuis Loudéac: 575 mètres. Élévation cumulée: 6788 mètres
A l'heure de midi, nous arrivons à Tinténiac... On pointe, on trouve les copains qui sont prêts à repartir et ensuite, on ira manger...
Jeudi 23 Août 2007: 12h00: Tout savoir sur Tinténiac
Finalement, il y trop de monde au self, nous nous contenterons de sandwichs et de rencontres avec les copains... Dehors, Robbins Peek me demande si les deux heures de délai supplémentaire seront bien accordées à tout le monde. J'ai eu du mal à le reconnaitre, je l'ai tout d'abord pris pour le pilote du tandem britannique, la fatigue sans doute... Je lui ai répondu ce que j'avais entendu, à savoir que les contrôles intermédiaires auraient une tolérance de deux heures mais que l'heure limite finale était resté inchangée...Souvenir d'agréables moments en images...
Jeudi 23 Août 2007: 13h30: Sur la route
Quelle aventure le Paris-Brest-Paris! Il ne pleuvait plus, alors j'ai voulu ranger le Goretex et porter mon maillot à manches courtes et ma veste fine à manches longues. Peu de temps après être partis du contrôle, Alain Darget vient prendre de nos nouvelles. Diagonaliste, il a préparé avec sa femme, Monique, un tour de france en tandem. Malheureusement, il est tombé d'une échelle et ses blessures les ont empêchés de prendre le départ. C'est partie remise... Profitant de l'arrêt photo, Roger Maillard est venu nous rejoindre car il est aussi diagonaliste!
Finalement, le vent frais n'a pas tardé à me glacer le torse et j'ai préféré m'arrêter une nouvelle fois afin de remettre le Goretex pour ne pas avoir froid. En mettant le Goretex, un autre cyclo s'arrête. Il nous salut et nous demande:
-Are you Jean-Philip?
Surpris, je n'ai qu'à répondre par la positive! Il nous explique ensuite en anglais que j'ai aidé en 2003 l'un de ses copains, Charlie Henderson... Le monde est petit, mais quand Charlie est revenu, il a fait une fête pour parler du Paris-Brest-Paris et a dû parler de moi. Nous faisons connaissance avec Robert Barday que nous quittons assez vite car le temps presse... Si on avait su, on aurait pu rester ensemble car sans le savoir, nous allons nous suivre très régulièrement jusqu'à... l'arrivée... Bravo Bob pour ce second Paris-Brest-Paris...