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Paris-Brest-Paris 2007: La Kermesse du vélo
En pilotant le tandem de Brest à Paris
Et quand il faisait beau, il pleuvait...



BRM de Grenoble de 300k (26 Mars 2017): À droite toute!
Hébergement: Deux hotels partenaires (Hotel Victoria 04.76.46.06.36 et Hotel Trianon 04.76.46.21.62 ) et une chambre airbnb/couchsurfing à tarif réduit à Fontaine (38). Me contacter pour plus de détails...

Pour celles et ceux qui hésitent devant ce brevet, avec ses trois cent kilomètres de longueur, je dois vous informer qu'il comporte une descente longue de 84 kilomètres dans la vallée de la Drôme... N'hésitez pas à vous engager pour ce beau voyage en gardant le Vercors toujours sur votre... droite... Voir le dossier d'inscription





Après avoir atteint Brest en 41 heures et 30 minutes, il reste 48 heures et 30 minutes pour revenir à Paris. Avec la fatigue, en dormant au moins 3 heures, sans assistance et avec un tandem de randonnée, va-t-il être possible de revenir à Paris sans être hors délai... Réponse dans cette page, photos à l'appui...



Mercredi 22 Août 2007: 15h00: Tout savoir sur Brest

Souvenirs du contrôle de Brest en images... Des beaux maillots et des vélos très spéciaux...




Mercredi 22 Août 2007: 15h30: Le début du retour...

A Brest, la route continue de s'élever après le contrôle. On arrive à un feu tricolore. On s'arrête. Une cyclote nous double et grille le feu rouge. Dans la prochaine descente, en ville, je prends le milieu de la route pour échapper à toutes ces portières qui pourraient s'ouvrir... Plus loin, voici Guipavas. Nous avons rejoint le vélo rameur solo, Bartel Lamers (7381), et je tente d'utiliser mon ultime chance pour le prendre en photo en roulant. Le soleil est derrière nous, il montre bien son geste et je pense honnêtement que des photos en rafale seraient les bienvenues... Isabelle refuse. Elle n'a pas tort car la circulation est dense. Plus loin, un compromis est trouvé: on le double, on s'arrête et on le prend en photo pendant qu'Isabelle utilise cet arrêt pour faire je ne sais quoi. Images du vélo rameur solo en Bretagne, d'une américaine, Pamela Wright (4839), qui a profité de cette occasion pour être prise en photo. Comment se fait-il que vous n'ayez pas été là pour figurer à côté d'eux?




Nous nous souviendrons de la traversée de Landerneau... Le centre ville était encombré par un camping car (italien?) et nous avons été serré à l'un des feux rouge... Finalement, nous sommes repartis gentiment, derrière une cyclote de la Colombie Britannique: Karen Smith (4350) que je n'ai pas pu prendre en photo... Dommage... Après les côtes de la sortie de Landerneau, nous avons rejoint la route commune qui nous mène à Sizun...



Mercredi 22 Août 2007: 17h20: Sizun 692km

Élévation depuis Brest: 346 mètres. Élévation cumulée: 5011 mètres

Sizun, véritable plaque tournante du Paris-Brest-Paris. Depuis Brest, nous avons parcouru une petite quarantaine de kilomètres, il nous faut manger un peu ici. On arrête le tandem devant l'église, je file à la boulangerie et Isabelle va visiter l'épicerie. Elle met du temps à revenir, elle a discuté avec un américain dans la supérette et je lui ai ramené un sablé fourré aux pruneaux que j'ai trouvé à la boulangerie. Préférant les goûts salés, elle renonce à ce biscuit sablé et découvre le plaisir de mélanger de l'eau gazeuse avec de l'eau claire dans la gourde. Je doute de l'efficacité de ce mélange qui n'a pas été essayé et enduré pendant les brevets. Il ne faut pas innover ici mais répéter des habitudes que l'on connait. Un peu de tolérance, pensais-je sans rien lui dire et préférant plutôt me régaler des deux sablés aux pruneaux. Pendant ce temps, un peu de tourisme à Sizun, rencontre avec les anciens copains du VCMB. La distance qui nous sépare nous fait oublier nos visages... Rencontre avec Claudine Auzet et sa faluche sur la tête que j'ai déjà eu le plaisir de rencontrer pendant la cyclomontagnarde d'Annecy en 2006... Rencontre éphémère avec Paul Gardie de Gap et avec le charmant couple de ce matin... Détails en photos, sous le soleil de la Bretagne...




Mercredi 22 Août 2007: 17h58: Une nouvelle ascension du Roc Trévezel

L'un derrière l'autre, sans forcer comme d'habitude, nous voici repartis pour la dernière ascension de la journée du Roc Trévezel. Ces montées pas trop raides, régulières nous sont familières. On prend notre temps, on salue les spectateurs qui nous encouragent, mais inévitablement, la lumière du jour diminue, la nuit arrive et les voiles nuageux aussi... Nous finissons cette montée avec un autrichien qui parle anglais... Il porte le même cuissard que le notre, Isabelle discute avec lui...




Mercredi 22 Août 2007: 18h40: Tout savoir sur le Roc Trévezel

Dans les montées, inutile de préciser que nous n'allons pas vite. Dans les derniers hectomètres du Roc Trévezel, j'utilise mon cinquième ticket pour prendre une photo en roulant... Devinant au loin des spectateurs qui nous regardent, j'agite en l'air mon bras, avec l'appareil photo afin de capter leur attention...C'est chose faite, je les entends dire...

-Il a besoin de quelque chose, lui! Il veut de l'eau, sort une bouteille d'eau...

Mais non, nous n'avons besoin de rien. Nous arrivons à leur hauteur avec l'appareil photo, nos sourires en appellent d'autres... Résultat en photo... Nous retrouvons Jon Muellner de Seattle avec qui Isabelle a discuté à la superette de Sizun... Jon est étonné qu'on connaisse Max depuis 8 ans, depuis que nous pratiquons le tandem. Il utilise un vélo authentique en acier avec de beaux garde-boue et une belle sacoche avant. Il pratique aussi le ski de fond et aime bien l'ambiance du Paris-Brest-Paris... La discussion va bon train...




Mercredi 22 Août 2007: 18h55: Dans la descente du Roc Trévezel

Je distingue, sur l'horizon, une grosse barre nuageuse, certainement au dessus de Carhaix. Pour l'instant, la route est sèche, une bonne occasion de laisser filer le tandem dans la descente. Jon est prévenu, ça va filer, il va essayer de prendre nos roues. Un virage approche, c'est le début de la descente, je prends le milieu de la route, je passe le grand plateau de 53 dents, je charge derrière avec le 17 dents, puis le 15 dents, et je tiens le bas du guidon, c'est parti, ça file... Je me baisse le plus possible en regardant au loin... Sensation de vitesse dans la descente du Roc Trévezel et tentative de prendre le plus possible d'élan pour avaler la prochaine bosse... Elle arrive, le tandem ralenti, je repasse le plateau intermédiaire de 40 dents, puis je décharge derrière... Le 26 dents devant sera superflu, on termine en appuyant modérément et je regarde notre vitesse maximale depuis le Roc Trévezel: 60,7km/h... Vraiment pas extra, quand je pense aux vélos solos qui descendent les cols à 80km/h, ceci dit nos pneus larges de 700x28 accrochent bien à la route, gage de confort par rapport à la performance... Plus loin, au carrefour à la Feuillée, Pierre-André est là. On s'arrête, Jon est le bienvenu, ravit d'avoir été aussi vite dans la descente: I love that!. Souvenir du pain aux raisins de Pierre-André et plus loin d'une pause technique pour finalement ne pas saluer Drew Buck qui dort...




Drew a raison de profiter de l'herbe sèche pour dormir... Plus loin, nous sommes rejoints par Gérard Batoux alors que nous mettions nos vestes Goretex: Les premières gouttes arrivent... Avec Jon et Gérard, nous arrivons trempés à Carhaix...



Mercredi 22 Août 2007: 20h35: Carhaix 741km

Élévation depuis Brest: 852 mètres. Élévation cumulée: 5517 mètres

L'arrivée des nuages a précipité l'arrivée de la nuit à Carhaix. Il fait presque nuit à 20h35 quand nous retrouvons mes parents qui nous attendent avec un repas froid: Crudités, pâtes en salade à la tomate et à l'ail, escalope de dinde au curry, fromage et flan au cassis. On se régale rapidement en ayant pris la place d'un cyclo de Bayonne qui espère boucler son huitième PBP et qui repart. L'idée de dîner dehors, que j'ai eu, n'est pas la meilleure. Isabelle grelotte. Je vais chercher deux grands bols de café et nous retrouvons mes parents en train de discuter avec Robert Isoard de Gap... Il est reparti avant nous, on a quand même essayé de le suivre, mais en vain... Souvenir de Carhaix en images, avant la tombée de la nuit...




Il fait quasiment nuit quand nous repartons de Carhaix. A Plounevez Quintin, c'est la nuit noire quand on retrouve la route principale qui va nous mener à Corlay... Mais encore 17 kilomètres... En 2003, j'avais eu très froid sur cette portion, mais cette année, grâce aux nuages, la température est finalement agréable avec ses 11 degrés quasiment constants... Dans la nuit, un vélo est arrêté sur la droite. Il trifouille sa chaine éclairé par sa frontale. On reconnait Yann, Isabelle me conseille de m'arrêter, ce que je fais... Tiens, c'est bizarre, dérogation de s'arrêter pour Yann, alors que ce n'est pas une fille et encore moins un tandem! Je vais voir ce qui se passe. Quand Yann pédale en arrière, la chaîne déraille. Je vérifie la fourchette, les états des câbles, la tension du câble arrière, tout semble bien aller. Pas le temps d'investiguer plus ici, on repart. Il nous dit qu'il va reprendre la route...



Nous remarquons un vélo solo portant un maillot de la Balme de Sillingy avec une randonneuse Cattin verte. A tout les coups, nous avons à faire à un voisin. Nous apprendrons plus tard que nous venons de rencontrer Pascal Courvalin (2450), membre de la confrérie des cent cols...



Mercredi 22 Août 2007: 23h50: Corlay 786km

On arrive à Corlay juste avant minuit. Sur la droite, un bistrot est ouvert. On s'arrête pour une nouvelle pause où des cafés seront les bienvenus avant les trente trois kilomètres difficiles juqu'à Loudéac... Corlay, c'est l'occasion de couper en deux l'étape de Carhaix à Loudéac...

Dans le bistrot, nous ne sommes pas les seuls. Les anglais du club de Willesden sont là. Une cyclote s'est endormie sur une table, j'ai réveillé son compagnon en les prenant en photo... Les toilettes sont en haut, on y va, en essayant de ne pas déranger ceux qui dorment devant la porte des toilettes. Je me débarbouille là haut avec de l'eau froide et du savon de marseille. Les deux cafés sont avalés, nous repartons 30 minutes plus tard... Souvenirs embués d'un appareil photo passé du froid au chaud et souvenir du bistrot (en plein jour) où nous sommes arrêtés...




Il pleut quand nous repartons. Nos selles ne sont pas trop trempées, heureusement, j'ai encore pris soin de les recouvrir avec des sacs plastiques dans lesquels on enveloppe normalement les salades! La route s'élève et file à gauche vers le Bodéo... La signalisation horizontale disparait, et les lumières de la ville aussi... Nous voici derrière un groupe d'une dizaine de cyclos qui peinent dans les montées... Même notre tandem arrive à les dépasser et on risque de s'endormir en essayant de rester derrière eux... C'est néanmoins tentant car ils nous ouvrent la route...

Nous sommes doublés par deux vélos qui ne semblent pas faire partis du groupe. J'essaye de les suivre. Leurs numéros (68xx) me laissent penser que ce sont deux 84h étrangers alors que les autres étaient des 90h. Je les suis. Ils roulent fort, l'un derrière l'autre et avec nos trois phares, on va arriver à s'ouvrir la route et à rouler ensemble! L'exercice est périlleux car on roule toujours seuls mais c'est quand même bien tentant de suivre ces deux locomotives. Le premier passe les bosses en force en se mettant en danseuse, le poursuivant restant assis en moulinant bien... Les kilomètres défilent, nous voici trois et avec leur aide, on remonte d'autres vélos solo... Avant Saint Martin des Près, à la ville es coquens, sur la gauche, je reconnais l'entrée de la ferme où je m'étais assoupi en 2003. Cette même place est occupée par Bartel Lamers que je reconnais grâce à son vélo rameur solo. Pas question de s'arrêter, les roues qu'on suit sont trop précieuses...

Avant Grâce Uzel, nous allons les perdre. Nous avons commis l'erreur de certainement vouloir discuter avec eux, en vain, car ils doivent être Danois et leur anglais est très difficile à comprendre...

Grace Uzel, le temps d'une pause technique avant de passer encore une côte et d'arriver à Trévé. Les lumières de Loudéac nous garantissent un repos bien mérité...



Jeudi 23 Août 2007: 02h10: Dénivelée et graphe de Brest à Loudéac




Jeudi 23 Août 2007: 02h20: Loudéac 819km

Élévation depuis Brest: 1548 mètres. Élévation cumulée: 6213 mètres

Nous avons bien roulé depuis Corlay. Voici le contrôle de Loudéac avec ses barrières. Devant le contrôle, je regarde le stand du mécanicien et une dame me regarde. Je la remarque mais mon regard file ailleurs. Après, je me rends compte que cette dame est Annick Chapron, retour en arrière, j'ai plaisir à saluer cette amie diagonaliste, ancienne championne de France cycliste en juillet 1971 à Jeumont... Pointage rapide à Loudéac en photos...




Jeudi 23 Août 2007: 02h35: Repos à Loudéac

Après avoir contrôlé, trois heures de repos nous attendent. Nous retrouvons ici le tandem de Katie Olson et de Robbins Peek. Il est trempé, comme le notre! Le réveil sera moins difficile que la veille. Nous repartons vers 6h00...




Jeudi 23 Août 2007: 09h05: Illifaut 857km Contrôle secret

Élévation depuis Loudéac: 280 mètres. Élévation cumulée: 6493 mètres

L'étape de Tinténiac à Loudéac est l'une des plus longue de la randonnée, que ce soit à l'aller et ou retour. Ce matin, il pleut encore, mais nos pieds ne sont pas encore mouillés. On s'habitue à la pluie et on finit par ne pas remarquer la fin des averses... Comme en 2003, le contrôle secret a lieu à Illifaut... Ici, une soupe est proposée aux participants... Et quelle délicieuse soupe! Interrogé sur cette soupe, un bénévole n'a pas hésité à nous dire que tout le monde s'y était mis pour éplucher les pommes de terre... Bravo à ces bénévoles anonymes... Détails de ce contrôle et de notre alimentation en images...




Jeudi 23 Août 2007: 10h20: Sur la route

Nous repartons sans la pluie, à moins qu'il n'ait plû, ma mémoire me fait peut-être défaut. Pour éviter d'avoir de la buée sur mes lunettes blanches, je les retire sous la pluie et je les remets quand il ne pleut plus. Sous la pluie, les poussières sont moins nombreuses et elle reviennent avec la fin de l'averse. Alors, vivement la pluie?

Qu'il ait plû ou non, la montée de Bécherel nous laissera un souvenir, celui d'une montée qui ne nous avait pas semblé aussi longue quand on l'a descendue à l'aller... Avant Bécherel, nous voici sur la route, certainement en train de répondre avec nos sourires aux encouragements de Matisse... Merci encore Antoinette, nous repasserons te voir au moins une troisième fois...




Jeudi 23 Août 2007: 11h50: Tinténiac 906km

Élévation depuis Loudéac: 575 mètres. Élévation cumulée: 6788 mètres

A l'heure de midi, nous arrivons à Tinténiac... On pointe, on trouve les copains qui sont prêts à repartir et ensuite, on ira manger...




Jeudi 23 Août 2007: 12h00: Tout savoir sur Tinténiac

Finalement, il y trop de monde au self, nous nous contenterons de sandwichs et de rencontres avec les copains... Dehors, Robbins Peek me demande si les deux heures de délai supplémentaire seront bien accordées à tout le monde. J'ai eu du mal à le reconnaitre, je l'ai tout d'abord pris pour le pilote du tandem britannique, la fatigue sans doute... Je lui ai répondu ce que j'avais entendu, à savoir que les contrôles intermédiaires auraient une tolérance de deux heures mais que l'heure limite finale était resté inchangée...Souvenir d'agréables moments en images...




Jeudi 23 Août 2007: 13h30: Sur la route

Quelle aventure le Paris-Brest-Paris! Il ne pleuvait plus, alors j'ai voulu ranger le Goretex et porter mon maillot à manches courtes et ma veste fine à manches longues. Peu de temps après être partis du contrôle, Alain Darget vient prendre de nos nouvelles. Diagonaliste, il a préparé avec sa femme, Monique, un tour de france en tandem. Malheureusement, il est tombé d'une échelle et ses blessures les ont empêchés de prendre le départ. C'est partie remise... Profitant de l'arrêt photo, Roger Maillard est venu nous rejoindre car il est aussi diagonaliste!

Finalement, le vent frais n'a pas tardé à me glacer le torse et j'ai préféré m'arrêter une nouvelle fois afin de remettre le Goretex pour ne pas avoir froid. En mettant le Goretex, un autre cyclo s'arrête. Il nous salut et nous demande:

-Are you Jean-Philip?

Surpris, je n'ai qu'à répondre par la positive! Il nous explique ensuite en anglais que j'ai aidé en 2003 l'un de ses copains, Charlie Henderson... Le monde est petit, mais quand Charlie est revenu, il a fait une fête pour parler du Paris-Brest-Paris et a dû parler de moi. Nous faisons connaissance avec Robert Barday que nous quittons assez vite car le temps presse... Si on avait su, on aurait pu rester ensemble car sans le savoir, nous allons nous suivre très régulièrement jusqu'à... l'arrivée... Bravo Bob pour ce second Paris-Brest-Paris...




Plus loin, nous allons rouler furtivement avec Philippe Mullet (7058) sur son vélo couché VK2. Il explique avoir revendu son tandem couché et c'est en vélo solo qu'il tente ce Paris-Brest-Paris...



Jeudi 23 Août 2007: 15h30: Coup de fatigue à Romagné et scène de ménage...

Rechauffé, mais certainement envahi par la fatigue, je profite d'un abri bus, à Romagné, pour m'allonger quelques instants... Dehors il pleut averse... On reprend la route pour Fougères et les sévères côtes qu'on a endurées à l'aller me font finalement préférer de rejoindre Fougères par la route la plus directe... Isabelle n'est pas d'accord, mais c'est bien moi qui conduit... Je veux filer tout droit, rentrer dans Fougères par la route principale et retrouver le contrôle... Isabelle me donne une fessée et nous nous arrêtons dans le rond point! Discussions et dépenses d'énergie inutiles, je me rends vite compte de mon erreur quand un troupeau de cyclos arrivent... C'est reparti, nous les suivons en restant sur l'itinéraire officiel, nous serons ainsi couvert par l'assurance de l'organisation en cas de pépins...




Jeudi 23 Août 2007: 16h10: Fougères 962km

Élévation depuis Loudéac: 918 mètres. Élévation cumulée: 7131 mètres

Il pleut encore quand nous arrivons à Fougères! Dans la salle nous saluons Henri Dusseau avant d'aller nous restaurer sérieusement, la scène de ménage a creusé... l'appétit...




Jeudi 23 Août 2007: 16h15: Tout savoir sur Fougères

Un repas consistant est le bien venu à Fougères avant de préparer la digestion des trois cents derniers kilomètres... Détails en images en saluant Michel Bégel, copain diagonaliste rencontré dans ce contrôle...




Jeudi 23 Août 2007: 19h00: Sur la route

Nous avons repris la route, mais avec beaucoup de regrets, nous ne nous sommes pas arrêtés pour saluer les copains de l'ACT installés à Laignelet, ni les spectateurs bretons de Saint Ellier du Maine avec qui nous avions sympathisé en 2003... Il faut réussir ce Paris-Brest-Paris, celui d'Isabelle, donc réduire les temps d'arrêts... Il reste 80kms jusqu'au prochain contrôle, on peut s'octroyer une pause au quarantième kilomètres mais pas avant, sauf cas de force majeure...

Avant Gorron, nous rencontrons Christian Dinet. C'est un copain, alors Isabelle est d'accord pour m'autoriser de prendre une photo en roulant...

Depuis quelques temps, nous faisons le yoyo avec le tandem américan de San Francisco... Avec Katie Olson et Robbins Peek, on se salue mais sans pouvoir (encore) rouler ensemble... Alors qu'ils sont arrêtés sur le bas côté de la route, ils nous saluent en disant:

-Hello Tandem...

On espère bien pouvoir rouler avec eux quand même...




Jeudi 23 Août 2007: 19h35: Tourisme à Ambrières Les Vallées 1010km

Élévation depuis Loudéac: 1252 mètres. Élévation cumulée: 7465 mètres

Une pause technique est nécessaire à Ambrières les vallées, vous savez, c'est le beau village fleuri où la route descend rapidement avant de remonter sur la droite, juste de l'autre côté du pont... Nous ne sommes pas les seuls à nous être arrêtés à Ambrières les Vallées...




Au Ribay, à l'endroit où nous avons coupé la route nationale 12, et là même où j'avais fait un excès de vitesse avec la voiture dans les temps anciens, il faisait encore jour. Je me souviens nous être arrêtés pour une nouvelle pause technique... Mais ensuite, la nuit est tombée et la pluie est revenue... Devant nous, il y a quelques cyclos, derrière aussi, mais je pense au même moment en 2003, où il faisait déjà nuit et Villaines la Juhel était désert. Vais-je retrouver la même situation de désolation où l'on commencerait à démonter les stands de la plus belle des kermesses... Un panneau indique Villaines La Juhel 15 kilomètres. Je ne sais pas si Isabelle l'a vu celui-ci, mais je me suis dit qu'il restait encore au moins 3/4 d'heures de route, à condition de pédaler à 20km/h, ce qui n'est peut-être plus notre cas après tant de kilomètres. Une montée par ci, une descente par là, et je laisse filer le tandem en prenant quand même garde à cette route mouillée... Dans une montée, sur la gauche, sous la pluie, des gens nous regardent à l'entrée d'un champ, après une maison isolée... L'un d'entre eux est en fauteuil et tient un parapluie. Je ne sais plus si je l'ai salué, mais sa présence m'a interpelée... Image qui doit nous faire réfléchir...



Jeudi 23 Août 2007: 21h50: Dénivelée et graphe de Loudéac à Villaines La Juhel

Arrêt du compteur pour cette nouvelle étape de 220 kilomètres qui se conclue à Villaines La Juhel... Il doit en rester autant pour rejoindre Paris, mais n'y pensons pas pour l'instant... Je remets le compteur à zéro...




Jeudi 23 Août 2007: 22h00: Villaines La Juhel 1053km

Élévation depuis Loudéac: 1792 mètres. Élévation cumulée: 8005 mètres

Il fait nuit quand nous arrivons à Villaines La Juhel. Le village est encore noir de monde. Il y a tellement de vélos qu'on est invité à poser nos montures ici et à finir à pied. Nouvelle victoire personnelle par rapport à 2003, on n'assiste pas encore à la fin de la kermesse. Vite, on se dirige au pointage et au self service en ayant pris soin d'abriter les compteurs et les selles sous des sacs plastiques... Souvenirs en images...




Jeudi 23 Août 2007: 23h10: Tout savoir sur Villaines La Juhel

Après avoir pointé, nous voici au self service et avec le plateau bien rempli pour deux, la sacoche de guidon en bandoulière, la fatigue accumulée depuis Paris, l'exercice périlleux consiste à rejoindre la salle de restauration située un peu plus bas... A petit pas, j'y parviens...

Nous nous installons, là où il reste un peu de place... La soupe n'est plus assez chaude, alors je vais faire réchauffer celle d'Isabelle qui commence à grelotter. La mienne n'a pas besoin d'être réchauffée, je n'ai pas envie de me brûler... Au retour, je vois Isabelle en pleine discussion avec sa voisine, une dame aux cheveux longs qu'on avait déjà côtoyé à Fougères... Elle explique avoir entendu dire - ou avoir vu un accident à Gorron (je ne sais plus) - qu'un accident se serait produit et que le cyclo serait décédé. D'après ses dires, il faut arrêter la randonnée ici et boycoter la suite de son déroulement. Isabelle l'écoute avec attention. J'imagine Isabelle filer dans les bras de l'abandon... Je regrette finalement de ne pas m'être placé entre elles deux! Quel imbécile j'ai été en lui proposant d'aller lui faire réchauffer sa soupe (2mn de perdu pour nous)! A droite, Katie Olson est là... J'imagine lui demander quand elle repart, afin de motiver Isabelle et qu'on reparte maintenant. Mais si Katie répond par la négative, la suite de notre aventure n'est pas garantie. Katie vient de Californie, PBP est un lourd projet pour elle et je ne les imagine pas abandonner... Isabelle tente la question, juste au moment où Katie se lève:

- Hello Katie ! When are you leaving ?

Isabelle vient de la remarquer et l'écoute... Attention à la réponse...

- Hello Tandem ! Oh, in twenty minutes...

Super, c'est gagné, je me lève, Isabelle me suit... En repartant, salutations avec Henri Vilette et les autres...




Nous sommes repartis sans la pluie, mis à part quelques gouttes inoffensives... C'est le brouhaha devant le contrôle, on fait attention de ne pas accrocher la remorque sur laquelle se produit l'animateur... Il est 23h20 quand nous repartons de Villaines. Les compteurs sont remis à zéro. Il nous reste 220 kilomètres à couvrir en 15h30mn, ce qui devrait être possible car nous mettons 11h ou 12h pour faire un brevet de 200km alors que la limite est de 13h30mn. J'aime bien me fixer des repères comme ceux-ci pour savoir où nous en sommes et savoir que nous ne sommes pas (encore) dans la zone rouge brulante du Hors-Delai...

Nous roulons avec le tandem de San Francisco... On discute en anglais avec Katie Olson et Robbins Peek. Certainement au même endroit qu'à l'aller, on voit des étoiles. Sur l'horizon, la lune, dans sa robe de chambre fait son cinéma... Je vais remarquer à Katie et Robbins qu'au moins, s'ils n'ont pas vu le soleil cette fois-ci, ils auront vu la lune...



Vendredi 24 Août 2007: 00h35: Tourisme à Sougé le Ganelon 1074km

Une heure après être repartis, une pause technique est nécessaire à Sougé le Ganelon. Nous venons de parcourir 20km en 1h10mn, ce qui est honorable malgré notre état de fatigue et une route bien mouillée...

Souvenirs de Sougé le Ganelon en pleine nuit, avec Magaly et Marc Le Danff, nos mascottes bretonnes du Paris-Brest-Paris...




Vendredi 24 Août 2007: 01h10: La Hutte

Une large demie-heure plus tard, nous avons parcouru 10km et nous arrivons à la Hutte. C'est ici qu'on coupe la route nationale N138 qui mène au Mans. C'est aussi ici que Pierre-André avait filé en 2003... On traverse et un cyclo s'arrête à notre hauteur... Il nous parle et se souvient du 300km de Morières... C'est Jean-Pierre Coutre avec qui j'avais roulé dans les gorges de la Méouge avec Martine et Michel Médina et Lucien Claudepierre. Isabelle fait sa connaissance... On repart rapidement...




Vendredi 24 Août 2007: 02h15: Rouessé Fontaine 1093km

Sur la route, nous avons retrouvé Christine Turzynski, Patrick Lenfant, Marc et Magaly Le Danff. Nous voici arrivés à Rouessé Fontaine. Dans le village, un bistrot est ouvert sur la droite. Nous nous reposerons dehors devant le bureau de poste, à l'abri du vent... Alors que nous nous apprêtons à repartir, rencontre avec Loïc Chauvin, engagé en moins de 84h, en pleine nuit...




Vendredi 24 Août 2007: 03h15: Mamers 1113km

Nous arrivons à Mamers une heure plus tard. Nous avons perdu nos deux compagnons de tandem. Ils sont certainement devant. La lassitude arrive... Il fait froid à Mamers quand ces spectateurs nous offrent un café chaud... Merci de votre attention, de vos sourires...




Vendredi 24 Août 2007: 03h25: Sur la route

La route est longue, l'intensité de mon coup de pédale baisse sérieusement. Retrouvailles avec Christian Dinet... Souvenirs nocturnes en images...




Isabelle me parle, craignant certainement que je m'endorme. Le son de sa voix m'énerve un peu, j'ai l'impression qu'elle parle pour ne rien dire. On s'arrête devant un champ. Impossible de s'allonger, l'herbe est trop humide. Isabelle me donne une claque (pour tenter de me réveiller). On repart comme on peut vers le prochain village... Ici, le repos sera possible sur quelques une de ces chaises devant le bistrot. Après coup, Isabelle pense que ce n'était pas un bistrot mais un monument. Lequel de nous deux a raison ? . On retrouve ici Henri Vilette et plutôt que d'accepter la chaise qu'il me propose - au risque de me refroidir - je préfère profiter de sa présence pour repartir... Alors, on parle, on avance, enfin comme je peux... Isabelle et Henri Villette vont chanter pour essayer de me distraire...



Vendredi 24 Août 2007: 05h10: Mortagne au Perche 1135km

L'arrivée à Mortagne ressemble à un soulagement, même si il a fallu grimper jusqu'au contrôle. Je me souviens bien avoir passé le petit plateau de 26 dents pour y arriver sans tirer... et sans m'endormir... A Mortagne au Perche, on retrouve Max et je prends quelques photos. On pointe. On retrouve Danièle et Michel Morent qui ont abandonné suite à une chute après Loudéac à l'aller et qui sont venus prêter main forte à Elvira et à Christian Van Den Ackerveken. Michel est aux petits soins pour nous. Il me prend le tandem des mains, m'incite à aller dormir dans la remorque, au chaud sous une couverture pendant... une demie-heure... Isabelle a aussi dormi dans la remorque...




Il est 6h40 quand nous repartons de Mortagne au Perche. Le jour se lève. Les toboggans arrivent. Avec mon état, plus de toute fraîcheur, laisser filer le tandem à fond dans les descentes n'est pas raisonnable. Alors je freine, on pédale et on arrive à Longny au Perche. Il fait jour. On fait le tour de la place du village, comme à l'aller mais on file vers Allainville. On ne s'arrête pas, pas le temps...

Isabelle me parle. Je comprendrais plus tard qu'elle me parle ici pour que je ne m'endorme pas, mais le coup de pédale faiblit... Je n'étais pourtant pas en train de m'endormir, car je me souviens bien avoir réagit sur le beau maillot que portait un randonneur américain venant de l'Oregon, sous l'état de Washinghton... En bas d'une descente, un cyclo tente de nous arrêter. Un accident vient d'avoir lieu avec un autre cycliste qui n'aurait pas vu le dernier virage, juste avant le pont. Je veux nous arrêter, mais Isabelle refuse, me démontrant que d'autres cyclos, qui se trouvaient derrière nous, se sont arrêtés... Nous continuons notre route en ayant ralenti notre allure en bas d'une montée...

Nous prévoyons de nous arrêter dans le prochain village, à Marchainville pour les besoins d'une pause technique et pour grignoter... On râte l'entrée dans Marchainville, de toute façon, la route principale n'y passait pas. On gardera de Marchainville comme seul souvenir, le haut du clocher... Plus loin, dans un bois, à droite, c'est le meilleur endroit pour faire cette pause...

Isabelle disparait dans la forêt pendant que je grignote une part de gâteau au chocolat, puis une seconde, il en reste une troisième. Isabelle revient, pessimiste sur la suite...

-On sera hors délai... Bon, on finira quand même...

J'ai ressenti à ce moment un coup de fouet dans le dos, comme ce qu'Isabelle a ressenti avant le départ avec les fameux 30% de participants qui ne devraient pas se trouver ici... Nous risquons d'en faire partie... Sur la route, quelques cyclos passent: Gérard Batoux et surtout le train des frères Lamouller, diagonalistes.... Dominique n'esquive aucun mot, mais hausse la main droite en signe de salut...

Je viens de recevoir une claque. Celle du hors délai, de la limite rouge qui commence à bruler... On repart et ça pédale, le seul but ultime étant de rattraper Dominique et Christian et de ne pas rester seuls ici... On arrive à La Ferté Vidame...

Sous un ciel plein de nuages, on aperçoit un château sur la droite... Isabelle semble s'en souvenir, comme si nous étions déjà passés ici dans les temps anciens. On appuie sur les pédales, ultime effort comme si je ne voulait pas tomber dans le fossé. Dois-je préciser qu'en repartant du coin du bois, je n'ai fais qu'une seule bouchée de la dernière tranche de gâteau qu'il nous restait... Brezolle, le tandem file vers un hypothétique espoir, celui de remonter les frères Lamouller... On appuie... Dreux arrive, Dreux se rapproche... Après avoir raté une sortie dans un rond point, on arrive au Palais des Congrès, là même où se tient le contrôle. Ouf, il n'est pas encore 11h00...



Vendredi 24 Août 2007: 10h55: Dreux 1212km

Élévation depuis Villaines La Juhel: 1105 mètres. Élévation cumulée: 9110 mètres

Il y a encore du monde... Les cyclos s'agitent dans tous les sens, comme si celui qui touille la gamelle du Paris-Brest-Paris avait mis le pied dans une fourmilière. Partout on contrôle, on mange et on s'inquiète... L'arrêt va durer moins de trente minutes. Pause technique et gros petit déjeuner sont au programme. Dans la salle, je réalise qu'il y a plus de monde qu'à Nogent le Roi (dernier contrôle en 2003) où nous étions plus que deux ou trois à manger. Je réalise que nous ne sommes pas aussi lents que cela: Nous venons de rattraper Dominique Lamouller, actuel président de la FFCT. Je les salue, en leur reprochant (gentiment) de ne pas nous avoir secouru au coin du bois... Très habillement, Christian répond:

- Nous nous serions bien arrêtés, mais il n'y avait rien pour vour payez un coup à boire...>/p>

Il y a tellement de monde que nous prendrons nos cafés et pains au chocolat dehors, en terrasse, comme à la kermesse... On s'installe dehors, près de la porte d'entrée...

Un badaud arrive et demande directement au bénévole qui surveille l'entrée:

- Bon, et les hors courses, on va les voir quand ? Quand vont-ils arriver ?

Question stupide et idiote! Je le défigure du regard, d'ailleurs son copain vient de s'assoir sur la chaise qu'Isabelle m'avait gardé! Sombre personnage!

Bref, souvenirs de Dreux en photos...




Il est 11h30. Nous devons parcourir 60 kilomètres, soit trois heures de vélo avant d'arriver à 15h00, si on ne veut pas restés accrochés au fond de la gamelle... On traverse Dreux, sur la droite, je revois l'hôpital où ont été hospitalisés tous mes grands parents, les uns après les autres... Heureusement que Maman n'est pas là, elle doit aussi s'en souvenir... Après le pont sur l'Eure, nous sommes dépassés par une camionnette de la FFCT et nous voici sur le plateau d'où nous apercevons la route Nationale 12. Nous ne la croiserons pas dis-je à Isabelle tout en regardant le compteur s'agiter comme un compte à rebours...

J'aperçois un vélo couché au loin. J'appuie sur les pédales étant bien conscient que ma puissance de pédalage n'est pas égale avec celle d'Isabelle. Je risque de m'épuiser, mais je montre le rythme. Peut-être est-ce trop tard... Peut-être avons nous perdu notre projet, projet qui ne fut d'ailleurs jamais un but ultime car nous n'avions pas prévu d'en faire le but de l'année...

Si nous n'avons pas réussi à rattraper sur la route les frères Lamouller, nous remontons facilement le vélo couché... C'est celui avec lequel nous étions parti, Garry Broad, et son grand drapeau anglais qui s'agite dans le vent... Peu de temps pour discuter, nous apprendrons plus tard qu'il a laissé une partie de ses bagages dans un fossé pour terminer plus léger... Il est venu les rechercher le lendemain, sous la pluie en rencontrant une cyclote hors délai... Heureusement que ces lignes n'ont pas été écrites plus tôt, vous auriez été tentés de voir la composition de ces sacoches! Sacré Garry!...



Au Condé sur Vesgre, nous retrouvons le parcours de l'aller. Je fais remarquer à Isabelle le virage dans le village et la grande avenue avec une large contre allée... On file ensuite à droite... Nous ne sommes pas encore seuls, pas comme en 2003 où il n'y avait plus personne... Après cette longue ligne droite qui me rappelle les sorties du Dimanche matin avec le VCMB et là où on sent les odeurs de pins, nous arrivons à Gambaiseuil. Il faut prendre à gauche et la côte insurmontable approche... Une côte raide, réputée pour faire mal aux pattes, mais s'il y a un problème, nous la passerons à pied... Finalement, nous l'abordons avec le 26x21, sachant qu'il nous reste encore derrière 3 pignons... La première partie passe bien, la seconde aussi et en haut, nous remontons un tandem. Nous discutons avec ces deux hommes, engagés en 84h et qui ne sont pas pressés par le temps car ils ont deux heures de plus que nous... Ils viennent du nord de la banlieue parisienne. Avant d'arriver à Montfort L'Amaury, nous les laissons filer, mais si j'avais su qu'il s'agissait de Franck Poullin (5011) et de Bernard Simon (5012), membres du forum, nous aurions volontiers plus discuté... Une dernière averse nous surprend à Ergal... Trappes arrive... Maintenant c'est une succession de ronds points qu'il faut passer et de feux rouges. Avant d'arriver sur la D36, nous retrouvons Lois Springsteen, on continue, là bas on prendra à gauche la rue Joseph Kessel afin d'arriver au Centre Ville... Il faut beau, les nuages inoffensifs passent dans le ciel... Près du centre ville, on prend à droite, encore un feu rouge avant de passer devant le magasin de bricolage et on tente de remonter le boulevard Vauban, encombré par une file de voitures... Je les dépasse sur la gauche, prudemment, en faisant attention à ces portières ou aux automobiles qui pourraient tourner à gauche sans prévenir... Mine de rien, on remonte des vélos et on essaye de gagner du temps... Il est déjà 14h30... Encore une demi heure... Avant le feu rouge, on dépasse les copains diagonalistes de Douai... L'un deux, Bertrand Regnier, lève le point et s'écrie gentiment:

- T'inquiètes pas, on va pointer avant toi !

Mais nous avons un peu d'avance et nous voilà sur l'avenue du Centre... On suit une voiture de l'organisation, qui nous montre le chemin, chemin connu car c'est ici même que j'habitais jusqu'en 1997... Pas le temps de regarder, voici l'avant dernier rond point...


Avant d'arriver au dernier rond point, nous retrouvons le tandem britannique de Steven Abraham et Nigel Winter. Isabelle me dit:

- Essaye de les suivre, pour qu'on termine ensemble, à deux tandems...



Vendredi 24 Août 2007: 14h50: Saint Quentin en Yvelines 1275km

Élévation depuis Villaines La Juhel: 1504 mètres. Élévation cumulée: 9509 mètres

Je ne les doublerai pas, de toute façon, je n'en ai pas eu le temps, le dernier rond point est arrivé... Cette fois-ci, pas question de prendre le souterrain, on reste sur la route...

Une foule de spectateurs, je pense un instant à Alain Schauber qui nous avait prévu une arrivée limite dans les temps lors de notre première Flèche Vélocio afin d'arriver avec la foule en délire à Orange. Cette foule en délire est là, Alain aussi, je l'aperçois rapidement avant de me soucier du dernier piège de Paris-Brest-Paris: celui qui va nous faire sortir de la gamelle du Paris-Brest-Paris: la planche en bois inclinée pour monter sur le trottoir...

Je renonce! Elle n'est pas assez large pour la prendre en tandem. Si la roue avant passe, la roue arrière risque de ne pas passer, nous allons tomber... Nous la passons à pied, mais nous remontons de suite sur le tandem pour finir les derniers hectomètres... On arrive... Ouf, il est 14h50, soit 10 minutes d'avance...




Vendredi 24 Août 2007: Dénivelée et graphe de Villaines La Juhel à Saint Quentin en Yvelines

Je pose le tandem et j'éteins le compteur qui se souvient à sa manière de cette dernière étape... Avec ces graphes, on peut mesurer nos nombreux arrêts de la dernière nuit...




Vendredi 24 Août 2007: 14h55: L'arrivée dans tous les états

Ca n'est pas fini... Il nous faut maintenant aller pointer pour sortir de la gamelle du Paris-Brest-Paris avant qu'il ne soit trop tard... Et nous ne sommes pas les seuls à avoir voulu profiter de l'aventure jusqu'au bout, alors il nous faut affronter une queue d'une vingtaine de minutes. Souvenirs en photos d'une queue où les japonais sont bien contents d'être arrivés, Bertrand Regnier, de Douai, a bien réussi à pointer avant nous... Sacré Bertrand...




Vendredi 24 Août 2007: 15h20: Tout savoir sur l'arrivée de Paris-Brest-Paris

Après avoir fait la queue, Isabelle est allé chercher les boissons offertes et on en profite pour discuter avec les copains... Mince, j'ai perdu mes lunettes... Où sont-elles? je retourne les chercher sur le tandem... Plus rien... J'ai voulu alléger le tandem un peu tard... Mes lunettes valent-elles un Paris-Brest-Paris? Retour dans le gymnase pour se consoler avec les copains...




Vendredi 24 Août 2007: 15h20: État du tandem après Paris-Brest-Paris

Si nous étions bien équipés contre la pluie, notre tandem garde un drôle de souvenir de ce Paris-Brest-Paris... Détails en images...




Avec quel matériel nous avons bien mené notre projet

Je décline rapidement dans cette section, ce que nous avons utilisé pour que cette épreuve reste un total plaisir... C'est aussi un moyen de vous inciter à participer à la prochaine édition en sachant ce qu'il faut prendre avec soi...





Conclusion

Nous sommes ravis de l'avoir fait en tandem pour les raisons suivantes:

Je tiens ici à remercier toutes les personnes qui nous ont suivi, parfois en calculant notre moyenne horaire entre deux contrôles pour prévoir le suivant. Parmi elles, je cite:

  1. Mes parents qui n'ont pas hésité à se lever tôt pour savoir où on en était...

  2. Guy Pachoud, un collègue de travail qui aurait largement pu faire le Paris-Brest-Paris... S'il ne l'a pas fait (pourtant en ayant réussi le 200km et le 400km), il a pédalé dans sa tête et a déjà prévu une semaine de congés pour 2011. Vous savez laquelle?

  3. Jean-Marie Charles, de Bull, qui nous a pris en photo à l'arrivée sans qu'on puisse le reconnaitre parmi la foule en... délire... Qu'il me soit permis de reprendre la formule qu'il a utilisé dans un courrier électronique: Et quand il faisait beau, il pleuvait..., formule inquiétante et humoristique, très largement au dessus des conditions que l'on a eues. Quand il pleut dru à Grenoble, il pleut plus que ce que nous avons enduré sur ce Paris-Brest-Paris... J'en profite pour saluer la première factrice féminine Christiane Thibault, membre du club de Jean-Marie Charles...

  4. Jean-Max Reymond de Cagnes sur Mer, qui a participé à nos entrainements virtuels sur le forum. Il a participé à une édition du Paris-Brest-Paris en 1987 et a mis en ligne un résumé de l'édition actuelle sur son site web...

  5. Laurent, des Yvelines, connu virtuellement sur le forum, qui était présent à l'arrivée et qui a récupéré mes... lunettes... Mais où est-il? Nous ne sommes pas vus? Où ai-je fais tomber mes lunettes? Merci en tout cas d'en avoir pris soin et j'espère qu'on se reverra physiquement...

  6. Et bien sûr, nos soeurs et amis que nous avons involontairement stressés sur la fin du parcours...



Nous ne partageons pas du tout les préjugés qu'on peut entendre ici et là, soulignant une pratique du tandem difficile sur une telle épreuve. Nous sommes arrivés en forme, certes fatigués, mais contents et prêts à repartir. Que vous pratiquiez ou non le tandem, ces pages sont destinées à vous encourager de vous lancer dans cette aventure. Enfin, le but ultime de ce projet était de faire découvrir cette ambiance conviviale à Isabelle. Elle a bien apprécié...







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    N'oublions pas nos amis...

logo Eric Vincent

À la mémoire d'Éric Vincent: En tant que participant à ce brevet et ami du Cyclo Club de Gap, je me permets de vous informer du terrible accident qui est survenu samedi 04 Juin 2011 au soir et qui a couté la vie à Éric Vincent, engagé comme nous tous sur ce brevet et renversé par un chauffard ivre. Lire:
Lundi 06 Juin 2011: Article de La Provence et celui du Dauphiné Libéré.
Mardi 07 Juin 2011: Article de La Provence et celui du Dauphiné Libéré.
Mercredi 08 Juin 2011: Article du Dauphiné Libéré.
Jeudi 09 Juin 2011: Article de La Provence, celui du Dauphiné Libéré et ce flash.
Vendredi 10 Juin 2011: Les obsèques d'Éric ont été célébrés à Gap avec beaucoup d'émotions.
Éric avait 47 ans, marié, trois enfants et habitué des BRM de Gap. Le matin, j'ai remarqué sa veste réfléchissante rouge, très visible et qui dénote des habituelles vestes jaunes. J'ai pris la photo ci-contre alors que nous roulions ensemble avant Sauzet avant de poursuivre notre brevet à notre rythme... J'assure la famille de mon soutien moral...


logo Cyril Thimonnier

À la mémoire de Cyril Thimonnier: J'ai appris, pendant le BRM de 600k de Chartres (28), le terrible accident qui a couté la vie à Cyril Thimonnier. Cyril tentait le dernier Brevet qualificatif pour PBP 2011 quand il a été heurté par l'arrière en pleine ligne droite par un automobiliste qui a pris la fuite. L'accident s'est passé juste avant Puiseaux (lieu de contrôle). Lire:
Lundi 13 Juin 2011: Article du Parisien.

La photo ci-contre montre Cyril Thimonnier sur le chemin du retour de PBP 2007 au contrôle de Villaines La Juhel (Crédit photo: Denis Transon). Cyril avait 39 ans et il était père de deux jeunes enfants. J'assure cette nouvelle famille de mon soutien moral...

 

Avertissement

 

Les personnes photographiées sur cette page, acceptent tacitement de figurer sur les pages de mon site internet. Je m'engage à vérifier que les clichés et les annotations ne concernent que le cyclotourisme à l'exclusion de tout autre commentaire. Cependant, pour préserver les libertés individuelles de chacun, chaque personne bénéficie d'un droit de retrait dont elle peut faire usage, n'importe quand, en suivant ce lien