Une Randonnée en Espagne ...


Bordeaux - Madrid 2001

Du Vendredi 29 Juin 2001 au Dimanche 01 Juillet 2001 ...

180 participants

.. féminines

0 Tandem

Voici la vraie première édition de Bordeaux-Madrid organisé par le TCG de Bordeaux. Le but est simple, en moins de 60 heures, ralier Bordeaux à Madrid soit une randonnée de 797 kms en passant par les Cols Pyrénéens. Une édition de BMR avait déjà été tentée en 1993 mais son succès avait été mitigé car le parcours empruntait des routes importantes. C'est un challenge pour moi de faire cette randonnée, à l'étranger, dans un pays où je ne parle pas du tout la langue. J'ai choisi de passer la première nuit en France, la seconde où je pourrais en Espagne. Bref, le Jeudi 28 Juin 2001, me voilà parti avec un plan de route, des phrases écrites en Espagnol pour me faire comprendre, sans oublier ma randonneuse habituelle et sans assistance... Apercu du parcours de la randonnée globale:

Comme il va être montré, l'Espagne est un pays noyé de soleil et découpé en Province. Cette randonnée traverse successivement les provinces de Navarre, La Rioja, Castilla et Léon et Madrid, soit environ 500 kms en territoire Espagnol...

Le départ a lieu à Léognan, dans la banlieue Sud de Bordeaux. Au moment du retrait des cartes de routes, je fais connaissance avec Jacques de Aix Les Bains. Nous nous connaissons de vue mais impossible de nous rappeler où nous nous sommes vus. Avec Jacques et Guy Conche, nous prévoyons de commencer cette randonnée ensemble .... Après un petit déjeuner offert par l'organisation, voici un apercu de la salle du départ. En jaune, Monsieur Gental de Bergerac avec sa fille... Derrière la table, une dame du TCG...

Un seul départ pour les deux catégories horaires, 36 heures et 60 heures. Un départ musclé et parfois dangereux. Bref, la route devient vite monotone dans les Landes avec de longues lignes droites et une traversée infinie des forêts de pins. A Labrit (82 kms), c'est la première pause dans une Boulangerie où je goutte la spécialité : Le Jésuite. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une sorte de mariage entre une brioche suisse et un croissant aux amandes. Vite la route reprend sous le soleil et à Mont de Marsan, la première côte apparaît. Elle mérite bien une photo... En blanc, Guy Conche en danseuse...

Repas du midi pris vers Grenade sur l'Adour (126 kms) au sud de Mont de Marsan où l'on peut remarquer pour la première fois les Pyrénées au loin. A partir de ce moment, plus question de parler de lignes droites et de plat pays, il va falloir conjuguer avec les virages et les dénivelées. Avant de passer dans les Pyrénées, il faut traverser les contreforts avec les courtes montées bien raides. Je repasse à Lacq, paysage connu de nuit pendant la Diagonale de France de Menton à Hendaye, Morlanne où je m'arrête pour pointer mon BPF. Juste avant le premier contrôle, j'ai quand même une moyenne de 24,2 km/h au compteur mais la voiture balai nous rattrape... J'aurais aimé ne pas la voir mais ses deux occupants sont bien sympa...

Vingt kilomètres plus loin, il est temps d'arriver au premier contrôle avec cette fameuse voiture balai. Ravitaillement sous la chaleur avant de repartir pendant que Guy Conche pose pour la photo à coté de l'organisateur, rencontré l'an dernier pendant Bordeaux-Paris...

A 17h00, la balade continue. Nous arrivons à Mauléon (235 kms) à 18h00. Avec mes camarades, nous décidons de faires quelques emplettes ici car c'est certainement le dernier hypermarché que nous trouvons en France et nous ne savons pas ce qui nous attend en Espagne. Ravitaillement, photo avant de reprendre la route...

Juste après Tardets, nous te tardons pas à rejoindre Monsieur Gental de Bergerac. Il est accompagné par sa fille. Un randonneur solitaire déjà rencontré sur de nombreuses randonnées au départ de Bordeaux et un sacré courage...

Il pédale lentement mais surement. Il réduit ses temps d'arrêt au strict minimun, et il pédale. Nous ne le reverrons plus. Il sera devant nous et finiera la randonnée en 57 heures. Sa fille est bientôt plus fatiguée que lui. Bravo Monsieur Gental, encore une photo de face...

Sur la route, un peu plus loin, ce panneau indique que les choses sérieuses vont commencer. Le Port de Larrau est ouvert, donc c'est parti pour le début de la grimpette...

Jusqu'à Laugibar (265 kms), la pente est acceptable. Mais ensuite trois kilomètres terrible nous mènent à Larrau. Un kilomètre à 10%, les cyclos de Artigues terminent à pied...

Avec mes deux compères, nous faisons étape à Larrau. Repas dans l'auberge du village, queue de boeuf + pâtes et un clafouti aux poires sur un coulis de chocolat. Couchés à 23h30, nous nous levons à 04h30, petit déjeuner de fortune dans le garage de l'hôtel avec le réchaud à gaz avant de repartir dans la nuit...

Il fait encore nuit quand nous quittons ce village. Seules les cloches des vaches dans les alpages raisonnent dans la nuit et soudain, une lumière arrive vers nous dans le col. C'est un cyclo qui descend avec sa frontale. Il nous demande de prendre un coupe-vent pour son ami qui ne l'a pas attendu. Il parait affaiblit, parle difficilement et va abandonner. Jacques repart dans la nuit, je le rejoint, et finalement, coups de pédales après coups de pédales, le jour se lève, le vélo prend de l'altitude, et le premier col franchi est le Col d'Erroimendy avec ses marmottes. Il est encore trop tôt pour faire une photo alors la route se poursuit entre vaches et moutons en liberté. Vers 06h30, la frontière espagnole est franchie au Port de Larrau...

Mon ami Jacques ne tarde pas à arriver et l'on peut remarquer le OUF placé par les organisateurs en haut du Port de Larrau...

Une photo du côté Français nécessite aussi une photo du côté espagnol avec une entrée dans la province de Navarre.

Nous sommes à l'extremité Sud-Est du pays Basque. De bons habits, de la prudence sur les barrières canadiennes, une bonne descente dans un air glacial et nous méritons un bon café avec croissants. Heureusement que Jacques parle espagnol, je comprends juste : "Café por les seniors...". Le barman ne parle pas du tout français, nous apprendrons plus tard que c'est leur fierté de parler Espagnol et surtout pas Français tout près de la frontière... Plus tard, voici un premier paysage espagnol comme ceux qui vont défiler pendant 500 kms. Des champs de blé grillé, dans le meilleur des cas quand le terrain aride le permet...

Si les premiers paysages Espagnols montrent de grands champs de blé, il ne faut pas oublier toutes les petites collines avec leurs héoliennes à leurs sommets. On parle de collines, alors voici tout naturellement le premier col Espagnol sur une route en lacets, le Puerto Iso...

Une grande descente vers le Sud, mais surtout une chaleur qui commence à se faire ressentir. Voici un autre apercu de l'Espagne, le point blanc est mon Ami, Guy Conche, filant vers le sud à la recherche d'une fraîcheur miraculeuse...

En fin de matinée, il est 11h00 quand nous arrivons près de Aibar. Nous sommes au kilomètre 100 de cette seconde journée, le temps de faire une pause méritée. Pique-Nique dans le village où trouver du pain ressemble plutôt à une galère...

En Espagne, les commerces semblent avoir disparus. Plus de grandes surfaces mais des maisons individuelles avec des grand-mères qui ont sur leurs étales 4 ou 5 pèches dans le meilleurs des cas. C'est ici, à Aibar, que nous avons revu cette voiture balai de malheur. Je comprends que je commence à "agacer" leurs occupants qui me propose de devenir le vélo balai... Dans l'après midi, la route se poursuit entre des collines noyées de soleil et un autre col...

Un coup de chaleur vers Olite mais la balade continue sous une chaleur de plus en plus intense. Nous filons plein Sud, vers Péralta, lieu du second contrôle, et des paysages de plus en plus désertiques...

Un autre col semble faire la différence. Il n'y a pas de panneaux mais pléthore d'héoliennes, bien alignées pour la photo...

C'est en milieu d'après midi que nous quittons la province de Navarre pour celle de LA RIOJA au kilomètre 169. Le paysage change, les champs de blé se transforment en champs de terre et les ruisseaux sont tous asséchés. Voici le village de Autol, caractéristique avec sa terre rouge et ses rochers et même une cigogne au sommet du rocher...

Après Autol, la route est taillée dans la roche. Une route qui ressemble à celle d'un Vercors qui aurait perdu toutes traces d'humidité...

Samedi en fin d'après-midi, nous arrivons à Hercé. Avec Jacques, nous cherchons de l'eau pétillante pour nous rafraîchir. En Espagne, ce style d'eau n'est pas commun comme nous expliquent ces charmants espagnols. Le Monsieur à gauche parle bien Français, il situe Grenoble sur la carte de France, et doit partir en Angleterre pour apprendre l'anglais. Sympa cette pause à l'ombre avant de reprendre notre chemin...

Nous reprenons la route vers le prochain contrôle. Un peu d'ombre mais il fait encore bien chaud et nous sommes à 65 kms de la fin de cette seconde étape. La route est défoncée...

Peu de temps après, voici l'entrée dans la province de Soria, au kilomètre 221...

Villar del Rio est l'avant dernier contrôle de la randonnée au pied du Puerto de Oncala qui culmine à 1454 mètres avec 15 kilomètres de montée. Voici ce contrôle. Le conducteur de la voiture balai, torse-nu, est malade pour avoir mangé trop de pruneaux ! Jacques, Guy et moi, nous allons bien et nous attaquons le Col...

En soirée, nous montons le col sans difficultés sous un ciel limpide sans aucune traces de nuages. C'est un Col vraiment roulant. Il est bien appréciable de rouler dans un semblant de fraicheur avec un soleil qui commence à décliner, il est 20h00 !! Dans cette région, de nombreux dinosaures ont été retrouvés. Au trois quart de la montée, la route est grandiose et ressemble au Ventoux. On peut avoir du mal à le croire, mais il neige ici en hiver...

Séance photo au sommet du Col avant de descendre vers Soria...

Jacques au premier plan, au loin des champs de blé, encore bien grillés...

Il est 22h00 quand nous arrivons à Garay et à Soria. Notre hôtel se trouve dans la banlieue Nord et nous y arrivons vers 23h00. Le temps de manger, de se laver, de dormir 3 heures, de déjeuner, il est 4 heures quand nous repartons de Soria...

Cette nuit est une nuit de fête à Soria. Nous traversons la ville remplie de fêtards avant de filer droit vers le Sud dans un paysage bien verdoyant. Les champs de tournesol alternent avec de petites forêts...

En milieu de matinée, ce paysage prend fin. Il est temps de revenir dans un paysage plus désertique...

Non seulement, le paysage est désertique mais sérieux au niveau de la dénivelée. Les raidillons alternent avec les descentes, une bonne route pour s'entraîner pour Paris-Brest-Paris...

En milieu de matinée, la traversée du désert nous mène au village de Bochonés...

Vers 10h30, nous arrivons au dernier contrôle à Atienza. C'est une ville pleine d'histoire avec son village perché et son château vus de loin...

En se rapprochant du village, une pause photo est nécessaire pour admirer le château...

Malheureusement, je n'ai pas le temps de connaître l'histoire de Atienza. Il me faudra revenir. En attendant, le contrôle a lieu dans un ancien lavoir...

Après Atienza, la randonnée touristique est finie ! Il va falloir pédaler sous le soleil pour arriver avant 18h00 à Madrid. L'itinéraire est détourné. Vers 12h30, le compteur indique 134 kms quand Guy et moi, nous nous rafraichissons dans une station service de fortune à Jadraque. Jadraque est une ville dans le creux d'une vallée avec un château perché...

La route serpente dans des champs grillés. Au somment d'une colline, cette route longe un aéroport désafecté. Après la chaleur, le vent du Sud se lève. Il apporte un peu plus de chaleur et me ralenti. Au loin, on peut admirer des nuages, peut être un mirage ??

Sur ce plateau au Nord de Madrid, la température est de 44 degrès. L'eau que l'on met dans nos gourdes n'est pas fraîche. Une nouvelle pose s'impose dans le village de Vinuelas avec encore une cigogne qui ne craint pas la chaleur...

La descente vers Madrid n'apporte pas réellement de fraîcheur mais de l'air chaud. L'entrée dans la province de Madrid indique la fin proche de la randonnée. Nous retrouvons des routes à grandes circulations. En Espagne, il est coutume de faire du vélo sur les autovia (voie express) quand aucune route n'est aménagée pour les vélos dans les alentours. Alors en fin d'après midi, avec 230 kms dans les jambes, nous pédalons sur la bande d'arrêt d'urgence avec les voitures espagnoles qui se doublent par la droite...

Il est finalement 18h30 quand j'arrive à Madrid après une troisième étape longue de 241 kms. Jacques est déjà arrivé depuis trois quarts d'heure, Guy me suit...

Encore merci à Monsieur Deneux pour m'avoir pris en photo avec le trophé....

Avec une demie heure de retard, je termine finalement cette randonnée avec mon diplôme...

Avant une douche bien méritée et le retour en bus, voici le groupe des organisateurs...

A 19h30, le bus repart vers Bordeaux par l'autoroute via Burgos et Irun. Nous arriverons à Bordeaux en fin de nuit et à Grenoble en soirée après avoir voyagé en train. Au total, voici 797 kms bouclés en 60h37mn avec une première aventure en pays étranger sous une canicule extrème. Je n'ai pas spécialement envie d'y revenir dans quatre ans mais plutôt d'aller visiter des pays plus verdoyants, Irelande ou Norvège...

A bientôt pour d'autres aventures...


Page écrite par Jean-Philippe BATTU Juillet 2001